Canada : femme, flic et voilée

Depuis 4 mois, les policières de la ville d’Edmonton au Canada ont l’autorisation de porter le hijab (le voile islamique) sous leur uniforme. Une décision qui intervient en plein débat sur l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique au Québec.

 

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Deux ans après Toronto, c’est au tour de la police d’Edmonton au Canada d’approuver le port du voile dans ses forces de l’ordre. Après avoir étudié plusieurs prototypes, fait appel à un tailleur spécialisé, reçu l’approbation de la communauté musulmane, le hijab fait partie intégrante des tenues des agents de la gente féminine. Selon le communiqué de presse des services de police de la ville : « Le foulard couvre le cou mais pas le visage. Il est conçu pour être simple, discret et facile à retirer  ».

 

Opération séduction 

Selon la direction de la police de la ville, l’objectif est de refléter toute la diversité culturelle des habitants ; Edmonton fait parti de l’Etat d’Alberta qui est la troisième communauté musulmane la plus importante du Canada, après l’Ontario et le Québec.

Ça, c’est la raison officielle, mais la principale motivation est surtout le manque de policiers à Edmonton. Avec cette initiative, les services de police de la ville veulent susciter de nouvelle vocation auprès des femmes de confession musulmane.

 

Tension autour de la  » Charte des valeurs laïques » au Québec

Depuis longtemps, le pays de l’érable prône cette politique multiculturelle. Au début des années 90, la gendarmerie royale du Canda autorisait le port du turban Sikh. Six ans plus tard, c’est au tour de l’armée cette fois d’accueillir dans ses rangs la première femme musulmane portant le hijab, tout comme les secteurs de la santé et de l’enseignement public.

Aujourd’hui cette politique fait grincer les dents des nationalistes. Le Québec, qui semble s’inspirer du modèle français, est en train de débattre sur une « Charte des valeurs laïques ». C’est l’équivalent de notre charte de la laïcité qui interdit le port des signes religieux dans la fonction publique, dans les hôpitaux, les écoles, les universités et les crèches.

Source : http://www.franceinfo.fr/decryptage/ici-comme-ailleurs/canada-femme-flic-et-voilee-1350603-2014-03-17

Pourquoi les écoles privées musulmanes se fédèrent-elles?

Créé le 23/03/2014 à 16h16

EDUCATION – Pour s’assurer une meilleure visibilité et mieux défendre ses intérêts auprès des pouvoirs publics, l’enseignement privé musulman a lancé sa fédération nationale samedi…

Les écoles musulmanes veulent jouer dans la cour des grands. Samedi, laFédération nationale de l’enseignement privé musulman (FNEPM) a ainsi vu le jour. Elle regroupe une dizaine de membres dont les plus grands établissements scolaires musulmans (le lycée Averroès à Lille et Al-Kindi à Lyon). 20 Minutesanalyse les implications de cette union par la force pour ces établissements.

Obtenir des aides financières

Actuellement, il existe une vingtaine d’établissements musulmans, accueillant près de 2.000 élèves du premier ou du second degré. Seuls deux parmi eux (lelycée Averroès à Lille et Al-Kindi à Lyon) sont sous contrat avec l’Etat, ce qui leur permet  de bénéficier d’une prise en charge des salaires des enseignants par l’Etat et d’une participation des collectivités à leurs frais de fonctionnement. «Les autres, hors contrat, ne reçoivent aucune subvention de l’Etat. Leur financement repose sur les frais de scolarité payés par les familles, la taxe d’apprentissage, les contributions de généreux donateurs et de fondations. Mais beaucoup d’entre eux sont en difficultés financières, d’autant que la communauté musulmane n’est pas très riche», explique Bruno Poucet, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules-Verne. «Or en se fédérant, les écoles vont pouvoir passer de l’artisanat à la rigueur juridique qui leur est demandée pour répondre aux critères permettant de prétendre à un contrat d’association avec l’Etat», poursuit-il. Car pour effectuer cette démarche, l’école en question doit avoir cinq années d’existence, suivre les programmes officiels de l’Education nationale, respecter les critères de qualification des enseignants, se soumettre à des inspections…

Accueillir davantage d’élèves

L’enseignement privé musulman a connu une forte croissance depuis dix ans, à la suite de la promulgation de la loi de 2004 interdisant de porter le voile dans les établissements publics. Selon plusieurs sociologues de l’éducation, son succès tient aussi à l’émergence d’une classe moyenne musulmane «qui souhaite offrir un enseignement de qualité avec une dimension religieuse à ses enfants», souligne ainsi Bruno Poucet. Surfant sur cette vague, le lycée Averroès de Lille est classé parmi les meilleurs établissements de la région. «Mais les frais de scolarité de ces établissements (entre 1.000 et 10.000 euros) demeurent un frein à leur expansion», note l’historien de l’éducation. «En obtenant un contrat d’association avec l’Etat, certains établissements pourront réduire les frais d’inscription des élèves et donc attirer davantage d’élèves», souligne le sociologue François Dubet. « On peut imaginer aussi que si ces établissements sont bons, des élèves non musulmans s’y inscriront », renchérit-il.

La FNEPM souhaite aussi favoriser la création de nouvelles écoles en mutualisant les expériences, comme l’a indiqué à RFI Makhlouf Mameche, l’un de ses porte-parole: «Chaque année, on assiste à la création d’au minimum deux, trois nouvelles écoles privées musulmanes. Donc il y a aujourd’hui une demande. Il faut juste canaliser un peu ce mouvement.» Une dizaine de nouvelles écoles seraient d’ailleurs en projet.

Améliorer leur image

En se fédérant, les établissements musulmans vont pouvoir présenter un interlocuteur unique à l’Education nationale, ce qui devrait faciliter la communication de part et d’autre. « C’est plutôt bon signe, car ils vont sortir d’une forme de quasi clandestinité », explique François Dubet. Et le fait que plusieurs établissements demandent à être liés à l’Etat par un contrat, va aussi améliorer leur image auprès du grand public et permettre de lutter contre certains a priori à leur égard, selon Bruno Poucet: «Ce contrat oblige les établissements à accueillir les enfants sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance. Ce qui va leur donner une image de plus grande ouverture, à condition qu’ils respectent cet impératif.»

Enfin, les écoles sous contrat avec l’Etat sont également soumises au contrôle pédagogique et au contrôle financier de l’Etat. Ce qui permet de donner de plus amples garanties aux parents d’élèves comme aux enseignants.

 

 Delphine Bancaud

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