Le calcul astronomique, fidèle à la Sunna

Le Ramadan est un mois de jeûne qui a pour vocation de rassembler les cœurs et les musulmans. Que l’on opte pour le calcul ou pour la vision, ce choix ne doit en aucun diviser les musulmans.

 

Cette vidéo vient apporter des précisions sur la divergence qui existe entre les partisans du calcul et ceux de la vision. La divergence ne doit pas être synonyme de division, mais il appartient au musulman de la comprendre pour mieux orienter son choix, d’où cette intervention de cheikh Moncef Zenati, qui apporte une analyse complète sur le sujet.

Moncef Zenati : Titulaire d’une maîtrise en sciences islamiques, professeur à l’Institut Européen des Sciences Humaines de Château-Chinon et auteur de nombreux livres dont : « La sunna : mode d’emploi ».

 

Ramadan 2014 : sortir de la divergence (sermon du vendredi par cheikh Ahmed Jaballah)

L’ARRIVEE DU MOIS DE RAMADAN

Allah le Très Haut dit :

« (Ces jours sont) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. – Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’ Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants! »(Coran, 2 : 185).

 

Ce mois béni est une grande occasion pour le bien, la pratique cultuelle, la dévotion et l’obéissance à Allah.

C’est un mois important, une belle occasion , un mois au cours duquel les bonnes oeuvres sont décuplées, les mauvaises aggravées, les portes du paradis ouvertes et les portes de l’enfer fermées. Allah y agrée le repentir des auteurs de péchés et de mauvaises actions. C’est un mois dont le début est miséricorde, le milieu pardon  et la fin affranchissement de l’enfer.

Remerciez Le pour les occasions de bien et de bénédiction qu’Il vous a données. Remerciez-Le de vous avoir réservé des causes de grâce et des catégories de bienfaits abondants. Profitez du passage de ces moments sacrés et de ces occasions privilégiées en les meublant par des actes de piété et par l’abandon des interdits. C’est ainsi que vous mènerez une bonne vie et accéderez au bonheur après votre mort.

Pour le vrai croyant, tous les mois sont des occasions pour la dévotion, toute sa vie étant une occasion pour l’obéissance. Mais son désir pour le bien se renforce considérablement en Ramadan, et son coeur se livre avec plus d’énergie à la dévotion. Il s’oriente vers son Maître Transcendant et Très Haut. Pour Sa grande générosité, notre Maître octroie Sa grâce aux croyants jeûneurs et leur accorde une récompense multipliée pendant ce temps particulier. Il les rétribue abondamment pour leurs bonnes œuvres.

Combien aujourd’hui ressemble à la veille !Les jours passent rapidement comme des instants. A peine avons-nous accueilli le Ramadan que nous lui disons au revoir. Et, peu de temps après, nous accueillerons le Ramadan une nouvelle fois.
C’est à nous de nous dépêcher d’accomplir de bonnes œuvres dans ce mois important et de
veiller à tout ce qui peut plaire à Allah et nous procurer le bonheur le jour où nous Le rencontrerons.

Comment nous préparer pour le Ramadan ?

La préparation du Ramadan commence par un examen de conscience pour constater sa propre négligence dans la réalisation des exigences des deux attestations et dans l’accomplissement des obligations et l’abandon des sources de plaisir inutile ou suspect.

Le fidèle doit évaluer sa conduite afin que le Ramadan marque une accélération de sa progression dans la foi. Car celle-ci peut augmenter ou diminuer ; l’obéissance l’augmente et la désobéissance l’affaiblit. L’obéissance commence par la réalisation de la vraie servitude envers Allah seul. Cela est marqué par la croyance ferme qu’Allah est le seul qui mérite vraiment d’être adoré. Et puis on Lui consacre toute forme d’adoration sans Lui associer personne en cela. L’on doit aussi être convaincu que ce qui nous arrive ne pourrait pas ne pas nous arriver et ce qui nous a raté ne pourrait pas nous frapper puisque tout est prédéterminé.

Nous nous abstenons de tout ce qui s’oppose à la réalisation des deux attestations et nous évitons d’introduire des innovations dans la religion et réaffirmons notre alliance et notre désaveu (…). Nous aimons la Sunna et ceux qui l’appliquent et nous la défendons partout et toujours.

Ensuite nous faisons notre propre examen de conscience pour la négligence que nous manifestons dans les pratiques rituelles comme l’accomplissement des prières en groupe, le rappel d’Allah, le Puissant et Majestueux, le respect des droits du voisin des proches et des autres musulmans. Il en est de même de notre laxisme relatif à la recommandation du bien, à l’interdiction du mal, à la recommandation mutuelle de la vérité, à la persévérance en cela, à la persistance dans l’abandon des mauvais actes et dans l’accomplissement des actes cultuels et l’endurance des décrets d’Allah le Puissant et Majestueux.

L’examen de conscience doit encore concerner les actes de désobéissance et l’acharnement aux plaisirs. Il s’agit alors de cesser tout acte de désobéissance majeur ou véniel ; qu’il soit accompli à l’aide de l’oeil comme un regard porté sur un objet interdit ou par l’oreille comme l’écoute de la musique ou par le pied comme la marche vers ce qu’Allah le Puissant et Majestueux n’agrée pas ou par les mains comme leur usage contraire à l’agrément d’Allah ou la bouche comme la consommation de ce qu’Allah a rendu illicite comme le fruit de l’usure ou de la corruption ou d’autres revenus qui entrent dans la rubrique : spoliation des biens d’autrui.

Nous devrions avoir présent à l’esprit qu’Allah tend la main le jour pour permettre au pécheur de la nuit de se repentir et tend la main la nuit pour permettre au pécheur du jour de se repentir. A ce propos, Allah a dit :

« Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin (paradis) large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, – qui dépensent dans l’ aisance et dans l’ adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui – car Allah aime les bienfaisants — et pour ceux qui, s’ ils ont commis quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Allah), se souviennent d’ Allah et demandent pardon pour leurs péchés – et qui est – ce qui pardonne les péchés sinon Allah ? – et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu’ils ont fait. – Ceux-là ont pour récompense le pardon de leur Seigneur, ainsi que les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Comme est beau le salaire de ceux qui font le bien! »(Coran, sourate 3 : verset 133-136 )

et :

« Dis: « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’ Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.»(Coran, sourate 39 : verset 53 )

et :

« Quiconque agit mal ou fait du tort à lui-même, puis aussitôt implore d’ Allah le pardon, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran, sourate 4 : verset 110 ).

C’est avec cet examen de conscience, avec ce repentir et cette imploration du pardon que nous devrions accueillir le Ramadan : « Le vrai intelligent est celui qui se maîtrise et oeuvre pour préparer la mort. L’incapable est celui qui s’adonne à la passion et souhaite tout obtenir d’Allah ».

Le mois de Ramadan est certes un mois de profits et de gains. Le commerçant averti saisit les opportunités pour augmenter ses bienfaits. Profitez de ce mois grâce à la dévotion par la multiplication des prières, la lecture du Coran, le pardon aux autres, la bienfaisance à leur égard et la distribution d’aumônes aux pauvres.
En Ramadan, on ouvre les portes du paradis, ferme les portes de l’enfer, enchaîne les démons et lance chaque nuit cet appel : ô celui qui cherche le bien ! Avance. Ô celui qui cherche le mal ! Recule.

Soyez de bons serviteurs d’Allah fidèles à la tradition des ancêtres pieux et guidés par la Sunna de votre Prophète de sorte à obtenir au sortir du Ramadan le pardon de vos péchés et l’exaucement de vos bonnes oeuvres.

Sachez que le Ramadan est le meilleur des mois. Ibn al-Qayyim dit : « La comparaison des choses créées par Allah amène à préférer le Ramadan à tous les autres mois et ses dix dernières nuits à toutes les autres ». Voir Zad al-m’aad, 1/56.

Ce mois est préféré aux autres pour quatre raisons :

Premièrement, il comprend la meilleure nuit de l’année, la nuit du Destin à propos de laquelle Allah le Très Haut a dit : « Nous l’ avons certes, fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’ Al-Qadr. – Et qui te dira ce qu’est la nuit d’ Al-Qadr? – La nuit d’ Al-Qadr est meilleure que mille mois. – Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre. – Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube. » (Coran, 97 :1-5).

La pratique cultuelle faite dans cette nuit est meilleure que les pratiques cultuelles faites dans mille autres mois.
 

Deuxièmement, c’est au cours de ce mois que le meilleur livre fut révélé au meilleur des prophètes

Mérites du mois de Sha’ban

shaban

Nous avons accueilli, il y a quelques jours, le mois de Sha’ban ; le mois qui précède le Ramadan. C’était pendant ce mois que le Prophète (saws) jeûnait le plus. ‘Aïsha, que Dieu l’agrée, dit : « Le Prophète (saws) ne jeûnait pendant aucun mois plus qu’il ne jeûnait pendant celui de Sha’ban. Il jeûnait entièrement Sha’ban » Dans une autre version : « Il jeûnait entièrement Sha’ban sauf quelques jours » (al-Boukhari et Mouslim). D’autres hadiths indiquent que le Prophète (saws) ne jeûnait jamais un mois entièrement à l’exception du mois de Ramadan. Ce qu’il faut comprendre de l’ensemble de ces hadiths, c’est que le Prophète (saws) ne jeûnait jamais un mois entièrement d’une manière régulière à l’exception de Ramadan. Quant aux autre mois, parfois il les jeûnait entièrement et parfois il n’en jeûnait qu’une partie. D’ailleurs, les compagnons disaient que parfois, le Prophète (saws) jeûnait si fréquemment à croire qu’il ne rompait jamais le jeûne, et parfois, il cessait de jeûner au point de croire qu’il ne jeûnait jamais (al-Boukhari et Mouslim).

Ousama ibn Zeyd (rad) dit un jour au Prophète (saws) : « Ô Messager de Dieu ! Je ne t’ai jamais vu jeûner pendant un mois comme tu jeûnes pendant Sha’ban ? » Il dit : « C’est à mois que les gens négligent. Situé entre Rajab et Ramadan, c’est un mois pendant le quel les œuvres sont élevées vers le Maître des mondes, et j’aime que mes œuvres soient élevées alors que je suis en état de jeûne » (Abou Daoud et an-Nasa-y).

De même, le Prophète (saws) avait l’habitude de jeûner les lundis et les jeudis et lorsqu’il fut interroger sur la raison de ce jeûne, il répondit : « Les œuvres sont présentées à Dieu le lundi et le jeudi et j’aime que mes œuvres soient présentées alors que je suis en état de jeûne » (at-Tirmidhi).

Ainsi, le jeûne permet au serviteur de se rapprocher de son Seigneur. Il permet au jeûneur d’être digne de voir ses œuvres acceptées par Dieu.

Par ailleurs, des hadiths évoquent particulièrement le mérite de la nuit médiane de Sha’ban. En effet, Mou’adh ibn Jabal (rad) rapporte que le Prophète (saws) dit : « Dieu regarde toutes ses créatures la nuit de la moitié de Sha’ban. Il accorde alors son pardon à toutes ses créatures à l’exception d’un idolâtre ou d’un querelleur » (at-Tabarani et Ibn Hibban).

Ainsi, pendant cette nuit, Dieu regarde ses créatures d’un regard plein d’affection, de miséricorde et de pardon. En réalité, Dieu observe continuellement toutes ses créatures. Il ne saurait être distrait à leur égard ne serait ce que d’un clin d’œil. Ses créatures ne pourraient échapper à son regard permanant. Mais il s’agit ici d’un regard particulier ; un regard accompagnée d’une attention particulière ; un regard d’amour et d’indulgence.

Dieu regarde Ses serviteurs au cours de cette nuit et leur pardonne à tous sauf à un idolâtre ou à un querelleur. Quant à l’idolâtre, Dieu dit à son sujet : « Certes, Dieu ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut » (4 :116).

Quant au querelleur, il s’agit du musulman qui nourrit de la haine et de l’animosité à l’encontre de son frère musulman. Il s’agit de deux musulmans qui se disputent pour des motifs purement liés à ce bas-monde ; deux musulmans qui ont rompu le lien de fraternité qui les unit. Ce genre de musulman se verra privé du Pardon divin à ce moment, de même qu’il en est privé chaque semaine. Le Prophète (saws) dit : « Les portes du Paradis s’ouvrent tous les lundis et jeudis. Le Pardon est alors accordé à tout serviteur qui n’associe rien à Dieu à l’exception d’un homme qui nourrit de la rancune vis-à-vis de son frère. On dit alors : « Ajournez ces deux jusqu’à ce qu’ils se réconcilient ! Ajournez ces deux jusqu’à ce qu’ils se réconcilient » (Mouslim)

Cela signifie que les portes du pardon sont formés pour ceux qui ne purifient pas leurs cœurs de la haine et de la rancune ; ceux qui ignorent le sens de pureté et de la bonté ; qui n’invoque jamais Dieu en ces termes : « Seigneur pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédé dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancune pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux » (59 :10).

La pureté des cœurs de tout sentiment de haine est une chose primordiale en islam. En effet, l’islam établit la vie des gens sur deux principes de base : la perfection du lien qui les lies à leur Créateur et la perfection des liens qui les lient les uns aux autres. Ces liens doivent être fondés sur la fraternité. Or, la fraternité a plusieurs niveaux : son summum est l’altruisme ; préférer ton frère, ta sœur à ta propre personne ; faire passer ses besoins avant les tiens, à l’instar de ce qu’ont été les « ansars » (les médinois) pour les « mouhajiroun » (les émigrés) comme Dieu les décrit « …qui les préfèrent à eux-mêmes, même s’il y a pénurie chez eux » (59 :9). Le niveau inférieur de la fraternité étant la pureté du cœur ; avoir un cœur sain vis-à-vis de ton frère et de ta sœur.

Si les liens qui nous unissent n’arrivent pas au niveau de l’altruisme, qu’ils soient au moins fondés sur la pureté des cœurs de toute rancune, de toute jalousie et de toute haine ; cette haine qui fut le fléau destructeur des peuples antérieurs comme le signale notre bien-aimé (saws) : « Le fléau des peuples qui vous sont antérieurs vous a envahi : la haine et la jalousie. Or, la haine est celle qui rase. Je ne dis pas qu’elle rase les cheveux, mais elle rase la religion » (at-Tirmidhi)

C’est là l’enseignement que nous devons tirer de la nuit médiane de Sha’ban ainsi que des lundis et jeudis : Dieu n’accorde son pardon ni à l’idolâtre ni à toute personne en discorde avec son frère ou sa sœur.

« Seigneur pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédé dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancune pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux »