Très chère soeur Farida …

 

L’un six des piliers de la foi du musulman est de croire dans le destin et le décret de Dieu. Il était donc écrit que tu devais quitter ce bas monde et rejoindre Le Miséricordieux ce mercredi 30 janvier 2019. Ton départ laisse un grand vide et une souffrance indescriptible mais nous ne disons que ce qui plait à notre créateur comme nous l’a enseigné notre prophète Mohamed que la paix et le salut de Dieu soient sur lui lorsqu’il perdit son fils Ibrahim : Certes l’œil pleure, le cœur est triste mais nous ne disons que ce qui plait à notre Seigneur ; ô Farida ta séparation nous chagrine. Ce matin, mon épouse, avec qui tu avais une grande complicité, pleurait encore et me disait que ton ombre et tes souvenirs étaient partout en me montrant ces jouets que tu avais offerts à notre fils.

Je n’oublierai jamais ces moments d’espoir et d’angoisse passés entrain d’attendre chez toi et à l’hôpital avant que la nouvelle de ton départ tombe : « à Dieu appartient ce qu’Il a donné et à Lui appartient ce qu’Il a repris ». Une fois la nouvelle s’est répondue, ce sont des centaines de tes frères et sœurs qui arrivaient par vagues successives à l’hôpital pour te rendre hommage, te faire des prières et prononcer des témoignages élogieux. C’est cette même scène et cette même ambiance qui s’est répétée dans les jours qui suivirent à ton domicile, au siège de l’ACSE ou à la mosquée le jour de la prière d’el janaza. Je ne crois pas me tromper en disant que je n’ai jamais vu à Mâcon un tel monde pour la prière d’el janaza, ce jour saint qu’est le vendredi. Tout ce beau monde est venu prier sur toi et faire ton éloge, et tout ceci constitue pour les hommes et femmes de foi que nous sommes un signe de la bonne fin qui est la tienne inchaAllah. Le Messager de Dieu que la bénédiction et le salut soient sur lui n’a t-il pas dit : « Celui dont vous avez fait l’éloge, le Paradis lui est dû ; et celui dont vous avez dit du mal l’Enfer lui est dû. Les anges sont les témoins d’Allah dans les cieux et vous êtes les témoins d’Allah sur terre ! »

Nous témoignons, ô sœur Farida, que ta bonté, ta générosité, ta gentillesse, ton pardon et ta douceur étaient sans limites. Ton cœur blanc ne connaissait pas les sentiments de haine, de jalousie ou de rancune. C’est de ce cœur purifié que jaillissait l’amour et la miséricorde que tu as témoigné à tes frères et sœurs avec qui tu as bâti des liens fraternels, qui t’ont aimée et qui témoignent en ta faveur aujourd’hui. Ton dévouement et le don de soi qui était le tien te rendaient toujours prompte à répondre aux appels à la solidarité et au soutien de ceux qui sont dans la difficulté et la détresse, comme en témoigne cette décision prise sans hésitation de payer l’amende de 90 euros de ce réfugié syrien venu simplement demander des éléments d’explication sur l’amende en question.

Nous témoignons, ô sœur Farida, que tu faits partie de ces frères et sœurs qui ont rejoint très tôt notre association et que tu as déployé des efforts considérables pour servir L’ACSE, son projet et ta communauté. Nous témoignons que tu as su mobiliser l’ensemble de ta famille et à sa tête ton époux et notre cher frère Tahar pour cette noble œuvre. Nous témoignons que, pour cela, tu as donné de ton argent, de ton temps et de ton énergie.
Qu’Allah te fasse miséricorde, raffermisse nos pas et nous rassemble tous dans Son Firdaws le jour du jugement en compagnie des Prophètes, des Véridiques et des Martyrs. Amine

Noureddine OMAR, président de l’ACSE

 

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