Deux dĂ©fis majeurs : le mariage et l’Ă©ducation – Hassan Iquioussen

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L’HOMME DU PARADIS

PARADISAzzedine GACI – le 19/12/2015

Anas Ibn mâlik nous raconte l’histoire Ă©tonnante de cet homme au cĹ“ur pur Ă  qui le paradis Ă©tait promis. Un jour dit-il, alors que nous Ă©tions assis avec le prophète (Psl), il dit : “Un homme du Paradis va bientĂ´t entrer par cette porte”. Puis un homme entra. Des goutes d’eau tombaient encore de sa barbe, il venait de faire ses ablutions. Ses manches Ă©taient retroussĂ©s et portait ses sandales dans sa main gauche. Un homme que personne ne connaissait. Il fit sa prière, nous salua et quitta la mosquĂ©e. Le lendemain, le prophète (Psl) dit : “Un homme du Paradis va bientĂ´t entrer par cette porte” et le mĂŞme homme fit son apparition. Le troisième jour, le prophète (Psl) rĂ©pĂ©ta ses propos et le mĂŞme homme apparut Ă  nouveau.

Lorsque l’homme quitte la mosquĂ©e, ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn al-‘As, un jeune compagnon le suit jusqu’à chez lui et lui dit : “Je me suis disputĂ© avec mon père et fait le serment de ne pas rentrer chez moi pendant trois jours, puis-je donc rester chez vous pour ces trois jours ?”
‘Amr ibn al-‘As tenait absolument Ă  dĂ©couvrir les secrets de cet homme, ses prières au cĹ“ur de la nuit avec ferveur et amour, les invocations qu’il rĂ©pĂ©tait avec conscience et confiance et les passages du coran qu’il lisait avec mĂ©ditation.

L’homme accepte d’hĂ©berger le jeune ‘Amr ibn al-‘As, qui allait finalement dĂ©couvrir que cet “homme du paradis” n’avait rien d’exceptionnel. Il ne priait pas plus, ne jeĂ»nait pas plus et ne montrait aucune spiritualitĂ© dĂ©bordante. L’homme n’avait pas une pratique extraordinaire mais il n’alimentait aucun ressentiment Ă  l’endroit des gens, “Je ne l’ai entendu dire que du bien”, dit ‘Amr ibn al-‘As.

Après trois jours, ‘Amr ibn al-‘As vient voir “l’homme du paradis” dont il mĂ©prisait le peu d’actes d’adoration et lui dit : “Je ne suis jamais fâchĂ© avec mon père et je n’ai pas pris mes distances avec lui. J’ai juste entendu le prophète (Psl) dire : ” Un homme du Paradis va bientĂ´t entrer par cette porte”. Et c’Ă©tait toi qui entrais Ă  chaque fois. C’est pourquoi je voulais dormir chez toi pour voir je que tu faisais et ainsi t’imiter. Mais je n’ai rien vu d’exceptionnel dans ta pratique, alors qu’est-ce qui a amenĂ© le prophète (psl) Ă  dire cela de toi ?”.

“Je ne fais rien de plus que ce que tu as vu” dit “l’homme du paradis”. Déçu et attristĂ© de n’avoir rien dĂ©couvert, ‘Amr ibn al-‘As le remercie et s’en va. “L’homme du paradis” le rappelle alors et lui dit : “Je ne fais rien de plus que ce que tu as vu, mais je ne ressens d’animositĂ©, ni d’hostilitĂ© envers aucun musulman. Et je n’éprouve dans mon cĹ“ur aucune envie, aucun sentiment de jalousie Ă  l’égard d’un croyant pour un bien que Dieu lui a accordĂ©”.

‘Amr ibn al-‘As finit par comprendre et dit Ă  “L’homme du paradis” : “C’est pour cette raison que Dieu t’a Ă©levĂ© Ă  ce rang. C’est une Ĺ“uvre trop difficile pour nous”, lui rĂ©pond ” (RapportĂ© par Ahmad).

‘Amr ibn al-‘As le reconnait, purifier son cĹ“ur n’est pas une chose aisĂ©e mais ce travail intĂ©rieur est impĂ©ratif pour celui qui aspire Ă  ĂŞtre Ă©levĂ© au rang d’élu comme l’a Ă©tĂ© “l’Homme du paradis”.

“L’homme du paradis” ne passait pas ses nuits en prière et ses journĂ©es en jeĂ»ne. Il se contentait d’accomplir les actes d’adorations obligatoires mais il avait quelque chose que les autres n’avaient pas : il Ă©tait particulièrement sensible Ă  la nature, la qualitĂ© et la disposition de son cĹ“ur. Il n’alimentait aucun ressentiment Ă  l’endroit des gens. Il travaillait son cĹ“ur pour ĂŞtre en paix avec les gens. Nombreux sont ceux qui font l’Ă©conomie de ce travail intĂ©rieur nĂ©cessaire.